AAH : l'Allocation aux Adultes Handicapés

L'AAH est une aide financière versée par l'État qui garantit un revenu minimum aux personnes en situation de handicap dont les ressources sont insuffisantes. Elle constitue souvent le revenu principal, ou le seul revenu, des adultes dont le handicap limite ou empêche l'accès à l'emploi.

Aides aux financements pour l'aide à domicile

Quelles sont les conditions pour toucher l'AAH ?

L'AAH est soumise à trois conditions cumulatives : une condition médicale, une condition d'âge et de résidence, et une condition de ressources.

1. Le taux d'incapacité , l'évaluation médicale

C'est la condition centrale. La CDAPH, qui siège au sein de la MDPH, évalue votre taux d'incapacité permanente selon le Guide Barème officiel. Deux situations ouvrent droit à l'AAH :

Scénario A : taux ≥ 80%

L'AAH est accordée de droit, sans condition supplémentaire liée à l'emploi. Ce taux correspond aux situations de handicap sévère entraînant une dépendance importante dans la vie quotidienne. L'attribution est généralement accordée pour une durée de 1 à 5 ans, voire sans limite de durée pour les situations irréversibles.

Scénario B : taux entre 50% et 79%

La personne doit également justifier d'une RSDAE (Restriction Substantielle et Durable pour l'Accès à l'Emploi). Pour être reconnue, cette restriction doit :

  • Être directement liée au handicap
  • Être durable : prévue pour durer au moins un an
  • Être substantielle : les difficultés doivent être importantes et non contournables par des aménagements simples
Important : La RSDAE est souvent le point de blocage pour les personnes dont le handicap est invisible notamment les personnes autistes, celles vivant avec un trouble psychique, ou celles atteintes de maladies évolutives. La capacité intellectuelle préservée ne signifie pas l'absence de RSDAE. C'est la réalité des difficultés au travail qui compte pas les apparences.

2. L'âge et la résidence

  • Avoir au moins 20 ans ou 16 ans si la personne n'est plus comptée à charge de ses parents pour les prestations familiales
  • Ne pas avoir atteint l'âge légal de la retraite : à partir de cet âge, l'AAH est remplacée par l'ASPA si les ressources restent insuffisantes
  • Résider en France de façon stable et régulière
  • Être de nationalité française, ressortissant de l'Union Européenne, ou titulaire d'un titre de séjour en cours de validité

3. Les conditions de ressources et la déconjugalisation

La réforme majeure d'octobre 2023 : la déconjugalisation

Depuis le 1er octobre 2023, les revenus du conjoint, concubin ou partenaire de PACS ne sont plus pris en compte dans le calcul de l'AAH. L'AAH est désormais calculée uniquement sur les revenus propres de la personne handicapée.

Les personnes qui avaient renoncé à demander l'AAH en raison des revenus de leur conjoint peuvent désormais en faire la demande ou en demander le rétablissement.

Ressources prises en compte : Vos propres revenus d'activité, pensions de retraite, revenus de remplacement et revenus du patrimoine. Les revenus de votre conjoint sont désormais exclus du calcul.

Quel est le montant de l'AAH ?

1 016,05 €/mois

Montant maximum de l'AAH à taux plein (au 1er avril 2024 revalorisé chaque année en avril selon l'inflation)

Ce montant correspond à une situation où la personne ne perçoit aucun autre revenu. Il peut être réduit dans plusieurs situations :

  • Si vous travaillez en milieu ordinaire : l'AAH est partiellement cumulable avec des revenus d'activité professionnelle selon une formule de calcul progressive
  • Si vous travaillez en ESAT : les personnes travaillant en ESAT bénéficient d'un mode de calcul spécifique, généralement favorable
  • Si vous percevez d'autres prestations : une pension d'invalidité ou d'autres revenus de remplacement réduisent le montant de l'AAH
Complément : Selon votre situation, vous pouvez bénéficier en complément de l'AAH de la Majoration pour la Vie Autonome (MVA), qui apporte une aide supplémentaire de 104,77 €/mois aux personnes vivant dans un logement indépendant sans activité professionnelle.

Focus TSA et autisme, l'AAH avec un taux entre 50% et 79%

C'est une situation très fréquente et souvent source de grandes incompréhensions : de nombreux adultes autistes, notamment les profils anciennement diagnostiqués syndrome d'Asperger ou TSA de niveau 1, obtiennent un taux d'incapacité évalué entre 50% et 79% par la CDAPH.

Cela signifie qu'ils doivent démontrer l'existence d'une RSDAE pour accéder à l'AAH. Ce que la RSDAE reconnaît pour les profils TSA :

  • La fatigue sociale intense engendrée par les interactions professionnelles, qui peut rendre impossible le maintien d'un rythme de travail régulier
  • Les crises et surcharges sensorielles en milieu de travail, souvent imprévisibles et invalidantes
  • Les difficultés de communication implicite qui génèrent malentendus, conflits et exclusions professionnelles répétées
  • Les troubles anxieux associés (anxiété sociale, phobie administrative, burn-out autistique) qui peuvent empêcher la recherche d'emploi ou le maintien en poste
  • Le masking (stratégie de camouflage) qui épuise la personne en dehors du regard de l'employeur, sans que les difficultés soient visibles

Comment valoriser ces éléments dans le dossier MDPH ?

La clé est de documenter précisément :

  • Les tentatives d'emploi passées et leurs échecs liés au handicap
  • Les arrêts de travail, les ruptures de contrat ou les périodes de burn-out autistique
  • Les situations professionnelles qui posent concrètement problème

Comment faire une demande d'AAH ?

La demande d'AAH s'effectue dans le cadre du dossier unique de demande MDPH. Il n'existe pas de démarche séparée, il suffit de cocher la case "AAH" dans la partie C du formulaire Cerfa.

  • 1
    Constituer le dossier complet
    Formulaire Cerfa n°15692, certificat médical récent (moins d'un an), Projet de Vie détaillant vos difficultés quotidiennes et professionnelles, et pièces justificatives administratives.
  • 2
    Soigner particulièrement le Projet de Vie
    Pour une demande d'AAH avec taux entre 50% et 79%, le Projet de Vie doit impérativement décrire les répercussions de votre handicap sur votre capacité à accéder à l'emploi ou à le maintenir. Dates des emplois précédents, motifs des ruptures, difficultés rencontrées, tout doit y figurer.
  • 3
    Déposer le dossier à la MDPH
    Par dépôt physique, courrier recommandé avec accusé de réception, ou en ligne selon les départements.

Pour un guide complet sur la constitution du dossier, consultez notre page dédiée : MDPH, dossier de création / de demande.

Une fois la décision de la CDAPH favorable, votre dossier est transmis automatiquement à la CAF (ou MSA), qui ouvre vos droits et commence les versements.

AAH et autres aides, ce qu'il faut savoir sur les cumuls

Aide Cumulable avec l'AAH ? Précisions
PCH Oui Les deux aides répondent à des besoins différents : l'AAH garantit un revenu, la PCH finance les dépenses liées au handicap
MVA Oui Versée automatiquement en complément sous conditions
RQTH Oui La RQTH est une reconnaissance, pas une aide financière : les deux sont compatibles
Revenus d'activité Partiellement Cumul possible avec déduction progressive selon les revenus
RSA Limité L'AAH est prioritaire sur le RSA, les deux ne se cumulent pas à taux plein
Pension d'invalidité Partiel La pension réduit le montant de l'AAH, qui vient en complément
Aides financières à domicile Oui L'AAH peut être utilisée pour financer une partie de l'aide à domicile

Vous avez des questions sur l'AAH ?

Besoin d'aide pour constituer votre dossier AAH auprès de la MDPH, ou pour justifier votre RSDAE en tant que personne autiste ? Notre équipe vous accompagne.

FAQ : vos questions sur l'AAH

Oui. L'AAH est cumulable avec des revenus d'activité professionnelle, que ce soit en milieu ordinaire ou en ESAT. En milieu ordinaire, une partie des revenus salariaux est déduite du montant de l'AAH selon une formule progressive mais le cumul reste avantageux dans la plupart des situations, car il permet d'augmenter vos revenus totaux tout en conservant une partie de l'allocation. Travaillez avec votre conseiller CAF pour simuler l'impact de vos revenus sur votre AAH.

Oui, tout à fait. Ce sont deux aides qui répondent à des besoins distincts : l'AAH garantit un revenu minimum pour vivre, tandis que la PCH finance les dépenses spécifiques liées au handicap (aide humaine, matériel, aménagement du logement). Elles sont complémentaires et peuvent tout à fait être perçues simultanément.

Le RSA (Revenu de Solidarité Active) est une aide destinée à toute personne sans emploi ou aux faibles revenus, sans condition de handicap. L'AAH est spécifique aux personnes handicapées. Si vous êtes éligible à l'AAH, elle est prioritaire sur le RSA, les deux ne se cumulent pas à taux plein. En règle générale, l'AAH est plus favorable que le RSA pour les personnes handicapées.

Non. L'AAH est totalement exonérée d'impôt sur le revenu. Elle n'est pas à déclarer dans vos revenus imposables.

À l'âge légal de la retraite, l'AAH est en principe remplacée par les pensions de retraite. Si celles-ci sont insuffisantes, la personne peut prétendre à l'ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées), qui garantit un revenu minimum aux personnes âgées aux ressources modestes.

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